La perte d’un proche bouleverse tout individu mais chez l’enfant, la compréhension de la mort est encore plus délicate. En Afrique, où la mort est parfois entourée de silence et de tabous, les spécialistes recommandent une approche douce, transparente et adaptée à l’âge.
Le décès d’un parent, d’un grand-parent ou même d’un camarade d’école peut provoquer chez un enfant un choc profond. Selon la psychologue clinicienne Mireille ZANKAN, « l’enfant ne comprend pas toujours la finalité de la perte. Il interprète la mort à travers l’attitude des adultes et les mots qu’on emploie pour la désigner ».
Chez les plus jeunes, le deuil se manifeste par un repli sur soi, une baisse d’appétit, des troubles du sommeil et une perte de motivation scolaire. Certains enfants deviennent agressifs, d’autres se montrent très silencieux. Pour parler de la mort à un enfant, les experts recommandent plusieurs approches.
Au lieu de termes comme « il s’est endormi » ou « il est parti en voyage », dire « il est mort » et « il ne reviendra pas ». Selon la psychologue, les métaphores peuvent créer de la confusion. L’enfant doit vivre ses émotions, pleurer, poser des questions, s’exprimer par des dessins. Les enfants remarquent les discussions, les pleurs, les absences inhabituelles.
Le sociologue Wilfried ADJIBADE, explique que les funérailles constituent un moyen culturel d’extériorisation. Les enfants y participent parfois mais dans un cadre rassurant, car cela aide à comprendre que la mort est un processus social. Certains psychologues scolaires organisent, après la perte d’un camarade, des séances collectives d’expression.
Les élèves dessinent ou expriment un souvenir heureux. Ce procédé atténue l’angoisse. Dans une école confessionnelle, une institutrice a demandé à ses élèves d’écrire chacun un petit message d’adieu à leur camarade décédé. Beaucoup ont ainsi pu dépasser un traumatisme latent.
Selon le spécialiste, « même le corps de l’enfant réagit au deuil ». des troubles digestifs, une fatigue chronique, des maux de tête peuvent être associés à l’émotion contenue. Il recommande un suivi lorsque les symptômes persistent au-delà de trois mois. Ainsi, parler de la mort à l’enfant, c’est éviter un traumatisme silencieux.