Les activités parascolaires : un levier d’épanouissement pour les enfants

Du sport à la musique, du théâtre aux clubs de lecture, les activités parascolaires prennent une place croissante dans les établissements béninois. Elles ne sont pas de simples distractions. Elles participent au développement cognitif, émotionnel et social des enfants. 

En misant sur ces cadres d’apprentissage informels, les parents et les éducateurs découvrent un puissant levier d’épanouissement et de réussite scolaire. Chaque mercredi après-midi, dans une école privée située à Godomey-Centre, le terrain résonne de rires et de chants. 

Des élèves s’exercent à la danse traditionnelle tandis que d’autres disputent un match de football. Pour la directrice, Estelle KORA, ces moments sont « essentiels à la cohésion, à la confiance et à la découverte de talents insoupçonnés ». 

En effet, les activités parascolaires comme les clubs de sport, les ateliers artistiques, les débats citoyens, l’agriculture scolaire et bien d’autres sont de plus en plus intégrées dans les projets d’établissement. Leur objectif est d’offrir un espace d’expression et d’apprentissage complémentaire au cadre formel.

Des bénéfices multiples…

Pour le psychopédagogue Télesphore KANDJI, « ces activités jouent un rôle majeur dans le développement global de l’enfant. Elles renforcent la motricité, la concentration, la gestion des émotions et la collaboration ». Selon plusieurs études, les enfants qui participent régulièrement à des activités parascolaires présentent une meilleure estime de soi, une capacité accrue à travailler en équipe, une résilience face au stress scolaire et une plus grande motivation académique. 

Avec la mise en œuvre des classes culturelles au Bénin, le projet de promotion des talents et renforcement des capacités dans le secteur culturel rentre dans sa phase active. À Porto-Novo, un enseignant d’arts dramatiques témoigne que « les élèves timides s’affirment, ceux qui ont du mal à s’exprimer trouvent leur voix. Le théâtre devient un outil de libération ». 

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle ces activités distraient les enfants, les recherches locales montrent une corrélation positive entre leur participation et leur performance. « Un enfant épanoui apprend mieux. Les activités extrascolaires développent la discipline, la persévérance et la gestion du temps. Des qualités transférables à l’école », fait savoir le psychopédagogue. 

Les clubs scientifiques, par exemple, encouragent l’expérimentation et la curiosité intellectuelle. Dans plusieurs collèges, les mini-laboratoires installés par des ONG permettent aux élèves de réaliser des expériences simples, renforçant ainsi leur compréhension des sciences.

Le rôle central des encadreurs et des parents…

Pour que les activités parascolaires portent leurs fruits, il faut un encadrement de qualité. « Sans supervision adéquate, ces espaces peuvent devenir désorganisés ou exclusifs. Il faut former les encadreurs à la pédagogie participative et à l’écoute », met en garde l’assistante sociale.  

Les parents ont également un rôle clé, celui d’encourager la participation, de valoriser les réussites et d’éviter les pressions de performance. Cependant, tout n’est pas rose. Plusieurs écoles publiques manquent de ressources matérielles et financières pour structurer des activités régulières. 

Le manque de temps, les effectifs pléthoriques et la priorité donnée aux examens limitent aussi leur mise en œuvre. Les activités parascolaires ne sont pas un luxe. Elles sont une nécessité pour construire des générations équilibrées, créatives et citoyennes. Donner à chaque enfant la possibilité d’exprimer ses talents, c’est investir dans l’avenir du pays. Comme le résume un slogan affiché à l’école de Godomey, « Apprendre, jouer, grandir, trois verbes pour un même avenir ».