Sport et enfance : un outil d’éducation et d’inclusion sociale
Au Bénin, le sport n’est plus seulement synonyme de loisirs ou de performance. De plus en plus d’écoles, d’associations et de fédérations l’utilisent comme un vecteur d’éducation citoyenne et d’inclusion sociale. Le football, l’athlétisme, le handball ou encore le rugby deviennent des terrains d’apprentissage du respect, de la discipline et du vivre-ensemble.
En s’appuyant sur la législation nationale et les conventions internationales, le pays entend faire du sport un levier majeur de développement pour l’enfance. La Constitution béninoise garantit le droit à l’éducation et promeut la jeunesse. La Charte des Sports en République du Bénin insiste sur l’accès des enfants à des activités physiques adaptées, dans le cadre scolaire comme extrascolaire.
De plus, le Bénin est signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), qui reconnaît le droit de chaque enfant « au repos, au jeu et à des activités récréatives ». Ces textes ouvrent la voie à des programmes nationaux encourageant la pratique sportive dès le primaire, en lien avec les objectifs d’éducation de qualité et d’égalité des chances.
Dans de nombreuses écoles primaires, l’Éducation physique et sportive (EPS) est désormais intégrée à l’emploi du temps hebdomadaire. Les enseignants témoignent de ses bénéfices. En effet, disent-ils, le sport favorise la discipline et le sens de l’effort. Il permet aussi l’esprit d’équipe et de solidarité sans oublier la santé physique et mentale garantie au pratiquant.
« Sur un terrain de basket, un élève apprend autant la géométrie des passes que la coopération. C’est un prolongement concret de la salle de classe », résume Théodore COSSI, enseignant d’Education Physique et Sportive.
Le sport sert également de passerelle pour les enfants issus de milieux défavorisés ou en situation de handicap. À Cotonou, certaines associations organisent chaque année des tournois de football rassemblant enfants de quartiers populaires et élèves d’écoles privées. Le but est de briser les barrières sociales et créer des liens durables.
A titre illustratif, le programme « Vivre Ensemble par le Sport » met en avant l’intégration des jeunes filles et des enfants en situation de handicap. Des règles aménagées et un encadrement adapté leur permettent de jouer aux côtés de leurs camarades valides. L’assistante sociale Dénise VOSSADJI rappelle que « le sport offre un espace neutre où les différences s’effacent.
C’est un formidable outil de réhabilitation sociale ». « J’ai découvert le judo. Ça m’a appris le respect et la maîtrise de moi-même. », confie Moussa, 14 ans, bénéficiaire d’un centre sportif de quartier. « Beaucoup d’enfants en rupture scolaire retrouvent le goût d’apprendre par le sport. C’est un tremplin pour leur réinsertion », jure Pascal ZANNOU éducateur sportif.
La Fédération béninoise de football multiplie les écoles de foot de base, tandis que la Fédération béninoise de rugby s’illustre avec des programmes de formation dans les collèges. Ces projets reçoivent souvent l’appui de bailleurs internationaux, gage de pérennité et de diffusion.
Malheureusement, plusieurs obstacles freinent la pleine exploitation du sport comme outil éducatif car beaucoup d’écoles rurales ne disposent ni de terrains aménagés ni de matériel, l’EPS reste parfois reléguée au second plan et certaines familles estiment encore que le sport détourne les enfants de l’étude.
Au Bénin, le sport s’impose progressivement comme un puissant moteur d’éducation et d’inclusion sociale. De la petite section à l’adolescence, il apprend le respect des règles, le sens de l’effort et la solidarité. Mais pour exploiter pleinement ce potentiel, il faut des investissements durables, une meilleure formation des encadreurs et une sensibilisation des familles.