Les défis de l’enseignement inclusif pour les enfants à besoins spécifiques
L’inclusion scolaire vise à intégrer dans la même classe tous les enfants, quelles que soient leurs différences physiques, sensorielles, intellectuelles ou sociales. Mais, comme le souligne Ghislaine KINTO, inspectrice de l’enseignement « beaucoup confondent inclusion et intégration. L’inclusion, c’est adapter l’école à l’enfant, pas l’inverse ».
Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’accueillir un enfant handicapé mais de transformer les pratiques pédagogiques, les infrastructures et les mentalités. Au Bénin, des milliers d’enfants sourds, malvoyants, autistes ou atteints de troubles de l’apprentissage restent en dehors du système scolaire.
Certains abandonnent très tôt à cause du rejet ou du manque de matériel adapté. Le petit Rachid, malentendant, a quitté l’école faute d’interprète en langue des signes. Les obstacles majeurs sur le terrain sont liés aux infrastructures non adaptées avec de rares rampes d’accès, l’absence de signalétique en braille et des classes surchargées. On note également un manque de formation spécialisée, une pénurie de matériel didactique adapté sans oublier, la stigmatisation sociale.
« La société béninoise avance, mais la perception du handicap reste chargée de tabous. Or, c’est la société qui handicape, pas la différence », regrette une spécialiste. Malgré ces défis, plusieurs structures ouvrent la voie à l’instar du centre d’éducation spécialisée de Sègbèya qui accueille des enfants sourds et favorise leur réinsertion dans des écoles classiques après adaptation.
« Quand j’ai appris à adapter mes cours, j’ai vu des enfants transformés. Ils participent, ils apprennent, et les autres élèves deviennent plus tolérants », témoigne une enseignante formée. Les familles sont des actrices clés de l’inclusion. Mais beaucoup manquent d’informations sur les droits et les dispositifs existants. Des associations multiplient les séances de sensibilisation pour aider les parents à plaider la cause de leurs enfants.
Pour le sociologue, « l’inclusion commence par un changement de regard. Quand la communauté accepte la différence, l’école suit ». Pour rendre l’inclusion effective, les experts recommandent des modules obligatoires de formation en pédagogie inclusive dans les écoles normales d’instituteurs, la création de centres ressources régionaux pour soutenir les enseignants, la réduction des effectifs dans les classes accueillant des enfants à besoins spécifiques et l’intégration systématique de psychologues scolaires dans les établissements.
Ces réformes exigent des moyens mais surtout une volonté politique constante. L’État béninois a déjà posé des bases mais leur concrétisation reste inégale selon les communes. L’enseignement inclusif n’est pas une option mais une obligation morale et légale. Il promeut une société plus juste et plus humaine. Pour que chaque enfant, quel qu’il soit, puisse apprendre, grandir et rêver, l’école béninoise doit poursuivre sa transformation.